<

L'Arc à poulie ou Coumpound

Article écrit par notre champion Didier Vaudelin

 Vidéo : L'arc à poulie ou Coumpound



 Apparition de l'arc à poulies

C’est en 1965 que H.W Allen essaya de monter des poulies excentriques de petits diamètres sur des branches très courtes. Il réalisa ainsi un arc à poulies avec un allégement de la force de maintien de 20% environ par rapport à la puissance maximale. Puis il céda le brevet en 1967 à un fabricant d’arc traditionnel T. Jennings qui le développa et l’introduisit sur le marché. L’intérêt essentiel de l’arc à poulies est de permettre à l’archer de tirer des puissances élevées avec une puissance de maintien très faible en pleine allonge (exprimé en pourcentage par rapport à la puissance maximale, c’est le « let-off »), contrairement à un arc classique ou la puissance augmente progressivement avec l’allonge. Dans le cas de l’arc à poulies, le principe est modifié grâce au bras de levier que constitue les poulies montées sur un axe décentré au bout de chaque branche. La puissance maximale des branches ou peak est atteinte rapidement par le mécanisme de la poulie excentrée ou excentrique.

 Généralités

Sur un arc à poulies, en tirant sur la corde, à mi-course vous obtenez la puissance maximum de votre arc. En bout de course, ou d'allonge il vous restera une puissance résiduelle de maintien, appelée "let off", qui représente encore selon les arcs et les réglages des poulies, de 65 à 80 % de la puissance initiale.
Les arcs à poulies sont plus courts que les arcs classiques et ses branches plus rigides ce qui implique que l'angle au niveau de la corde une fois tendu soit plus important. Lorsque que l'arc est complètement bandé, l'allonge atteint sa valeur maximale qui est toujours constante à cause des poulies, ce qui permet de ne pas avoir de clicker. Mais le principal avantage de l'arc à poulies est de diminuer par 2,5 ou plus la tension ressentie par l'archer, une fois l'arc tendu tout en conservant la puissance de départ lorsque la flèche quitte l'arc.
L'arc à poulies est moins "physique" que l'arc classique, ou vous devez maintenir la puissance totale avant de décocher, ce qui n'est pas le cas avec un arc à poulies.
Cela ne veut pas dire, bien au contraire qu'il est plus facile à tirer. Sans doute les résultats seront plus vite visibles, mais quand il s'agira de vous comparer aux autres archers à poulies, vous verrez que comme pour un arc classique vous devrez vous entraîner. Il n'y a pas de miracle ...
Ces arcs nécessitent des réglages complémentaires par rapport aux arcs classiques et là aussi d'ailleurs, l'aide d'un cadre technique dans votre club, vous sera bien utile, si vous choisissez ce type d'arc.
Il nécessitera aussi des accessoires tel que viseur, scope, repose flèche, visette, stabilisateurs etc. ..., vous tirez le plus fréquemment avec un petit appareil que l'on appelle décocheur.

 Quelques éléments de l’arc à poulie

Les poulies.

Il existe trois sortes de poulies : les soft cam qui sont des poulies rondes du côté de la corde et ovalisées sur le côté des câbles, elles permettent de diminuer l'effort physique ;de passer facilement de la puissance pic à la puissance vallée ([puissance pic- ((let-off.10^-2).puissance pic)] ; les cam sont très ovales du côté de la corde et des câbles, il est donc difficile de passer du pic à la vallée; les one cam sont rondes des deux côté, elles sont utilisées pour leur démultiplication (qui avoisine les 80%) car elles sont excentrées or la démultiplication repose sur la distance séparant l'axe de rotation de la poulie et le centre de la poulie.

Les branches

Les branches sont soit en carbone soit en graphite, la différence entre les deux est une question de rapidité : un arc avec des branches carbone sera plus rapide qu'un arc ayant un autre type de branches (à noter que le prix aussi est différent..).

Taille de l'arc.

Un changement de la taille de l'arc modifiera beaucoup de choses : l'angle de la corde, l'allonge, la puissance, la taille des poulies, les points de repère au visage, la hauteur de la visette, donc les réglages du viseur. Il faut donc choisir un arc adapté à sa taille et suffisamment ajustable en puissance sans non plus en prendre avec une allonge trop grande, car cela pourrait avoir des conséquences sur le dos, la stabilité et une puissance mal adaptée.

La visette.

La visette permet à la fois pour l'archer de définir un 3eme point de repère dans sa visée car il regarde la cible à travers son viseur et à travers à la visette. En fait, il regarde dans la corde. Mais la visette sert aussi comme un verre de lunette à améliorer la vision de la cible, de la rendre moins floue.
Il est important de savoir que changer la distance entre la visette et le point d'encochage revient à changer le réglage au niveau du viseur (ex: si cette distance augmente , la flèche partira plus haut et inversement). En moyenne cette distance est de 13 à 16 cm, mais elle dépendra aussi du type de décocheur utilisé (souvent plus faible avec un décocheur au poignet).
On utilise une visette correctrice améliorer la visée souvent lorsqu'on c'est flou, mais je pense qu'il faut l'éviter lors du tir extérieur car en cas de pluie, une goutte d'eau peut facilement s'infiltrer dedans. C'est pareil en cas de beau temps : on voit encore moins bien quand on a le soleil en face du scope et la cible à l'ombre.

Repose flèche

L'arc à poulies est aussi conçu pour avoir un repose flèche assez complexe et réglable dans les 3 dimensions.

Puissance.

Tout les compounds sont à puissance réglables. C'est l'enfoncement de la branche qui modifie cette puissance.
Elle est actuellement limitée à 60 livres (lbs) lors des compétitions. Pour le tir en salle, il est inutile d'avoir une grande puissance (45 lbs suffisent même pour des 26/13, par contre pour le FITA, Fédéral et le tir en campagne, il est préférable d'avoir le plus de puissance possible (sans avoir à forcer quand même) pour avoir une trajectoire plus « tendue » afin de minimiser les écarts de visée (manque de stabilité, vent………) et de façon à ne pas à voir de trop grandes différences de réglages au viseur selon les distances.

La stabilisation

Comme pour l'arc classique, les barres de stabilisations jouent jusqu'à maintenant, sur la plupart des arcs un rôle important : alourdir l'arc à un endroit bien choisit pour permettre un meilleur équilibre de l'arc pendant la visée et d'absorber les vibrations après le tir. Seulement il faut trouver le juste milieu dans le choix des éléments de stabilisation : des barres de stabs trop lourdes demandent un effort important et il devient difficile de rester stable.
Avec ou sans v-bar ? rappelons que les v-bars ou barres de stabs latérales peuvent éviter les problèmes de latéral mais elles ont une masse assez importante. C'est à vous de juger si il convient mieux d'en avoir ou de laisser seule la barre de stab principale.
On peut placer une seule barre de stab latérale a l’opposé du viseur cela permet de compenser le poids du viseur situé sur un côté de l’arc et de minimiser la rotation d l’arc provoquée par un appui irrégulier de la main dans la poignée
Aujourd'hui, les compounds absorbent beaucoup mieux les vibrations, mais il est quand même déconseillé de tirer sans ces barres car on perd en stabilité.

Le décocheur

Nécessité d'utiliser un décocheur à cause de l'angle très réduit de la corde sur la main d'arc qui pincerait les doigts.
Par rapport à la palette de l'arc classique, le décocheur offre plus de stabilité, un décochage qui reste très régulier à chaque sorties de flèches et facilite la traction de l'arc.

Quelques types de décocheurs

          

Utilisation du décocheur.

Le décocheur doit être en contact avec le visage et toujours aux mêmes points de repères, pour ces deux décocheurs les points de repères sont ~ sous la mâchoire.
La sensibilité du décocheur doit être adaptée de manière à ne pas avoir de craintes lors du contact doigt/décocheur. Le doigt doit venir en contact dès que l'on est assuré que le viseur est le mieux placé. Normalement le décochage doit se faire de manière automatique: on ne doit pas se dire si on doit lâcher la flèche ou pas, il faut uniquement se concentrer sur le bras d'arc.

Le viseur

Deux choses importantes pour le réglage du viseur: le centre du scope doit être dans l'axe de poussée (aligné avec le repose flèche et la corde); le scope ne doit pas varier en latéral quand on le descend ou quand on le monte (quand on change de distance, on est bien obligé de changer la position verticale du scope) sinon vous aurez à changer le latéral à chaque changement de distances Pour vérifier si c'est bon il faut vérifier la perpendicularité avec un fil à plomb ou tirer une flèche à 10 m puis à 70 m (baisser le viseur) et voir si les deux flèches sont à peu près alignées verticalement.